Les chauve-souris de la prohibition

 

 

Texte: ©JosNijsten2002

 

Les choses commencent à bouger en Europe, au Canada, en Suisse, ... même en certains états de l'Amérique du Nord, les appels pour la légalisation de cannabis se font entendre de plus en plus forts. Après des référendums, la culture et la distribution de marihuana pour des applications médicinales sont maintenant acceptées par plus de dix états. Le DEA (Drug Enforcement Administration) n'a pas donné son accord. Quand il s'agit de marihuana, les 'Unis' dans les Etats-Unis, semble être barré, et cette discorde ne se manifeste pas uniquement dans le cas de drogues. Le DEA essaye,  sans beaucoup de succès d'ailleurs, de se sauver la figure en organisant des razzias dans les centres pour marihuana médical, même dans les états où la version de la loi fédérale contre le marihuana n'a pas été acceptée. Les agents de la DEA se comportent d'une façon souvent très barbare, détruisent les plantes et l'infrastructure, et arrêtent les gens qui se trouvent sur place.  Egalement dans les pays qui ont une attitude plus souple envers les drogues, il y a un noyau dur d'antis.

 

edito2.jpgIls répètent en chœur: "Par la tolérance envers le cannabis pour utilisation récréative, nous donnons un mauvais signal aux jeunes". Cela dépend naturellement du point de vue. Dans les années trente, dans des livres et dans des films de propagande comme Reefer Madness, The Assassin of Youth, The Devil's Harvest, etc., un joli nom comme 'drogue meurtrière' était attribué au marihuana. Plus tard il y a eu de l'évidence que la marihuana ne tue pas, ou ne rend pas fou, comme dit la propagande gouvernementale, mais au contraire, possède des qualités médicales, et la crédibilité du gouvernement est tombe en miettes. Mais, n'y a t-il pas une petite pensée derrière dans votre tête qui vous dit 'où il y a de la fumée, il y a du feu, le marihuana est-il vraiment sans péché?

 

En ce qui concerne l'interdiction, il y a quelques sûretés.  La toute première loi contre la marihuana date de 1915, et a été voté en Utah, par une communauté de Mormones, et était en effet une loi religieuse. Un cartel d'hommes industriels, d'hommes forts des médias, de politiciens et de banquiers ont réussi pendant les 22 années suivantes, de faire introduire cette loi mormone dans 27 états. Fin des années trente, il y a eu des procès de meurtre, où le marihuana était indique comme coupable. Ces verdicts était basés sur la déclaration d'un expert pharmacologue, qui prétendait avoir injecté des cerveaux de chiens avec le composant actif de  marihuana, avec un effet mortel immédiat. Cet homme, c'était le conseillé expert en marihuana de Harry Anslinger, grand chef du bureau fédéral de narcotiques (FBN), le prédécesseur de la DEA. Lors d'un de ces fameux procès, il témoignait au sujet de l'effet de marihuana: "Moi, j’ai expérimenté avec des drogues. Après deux coups d'une cigarette marihuana, je me suis senti changer en chauve-souris. Je volais par la chambre pendant 15 minutes, et suis arrivé finalement sur le fond d'un encrier d'une profondeur de 50 mètres". Le lendemain, des grands titres dans les journaux, "Drogue meurtrière change docteur en chauve-souris". Les histoires ont été gonflées, et l'agences fédérale de drogue a pu grandir et est devenue une organisation puissante, qui ne doit se justifier auprès de personne. Cette puissance est maintenant rongée par les appels pour la légalisation.

 

Colin Drummond.jpgLe Britannique Colin Drummond, lecteur en psychologie d'asservissement à Londres, est contra la légalisation.

 

Nous le citons: "Les promoteurs de la légalisation veulent vous faire croire qu'il s'agit ici d'une forme innocente de plaisir récréatif. Il est surtout utilisé par des adultes responsables, et le gouvernement n'a pas à intervenir ici. Les punitions pour la possession et l'utilisation sont tout à fait hors de proportion avec la menace qu'il représente pour l'utilisateur individuel ou pour la communauté. Très peu de gens ont éprouvé des pertes causées par l'utilisation: ce n'est qu'une minorité irresponsable qui donnent une mauvaise réputation aux utilisateurs responsables parce qu'il sont associés à eux. En plus la criminalisation alimente le commerce illégal plus qu'il le gène, et la disponibilité ne disparait pas”.

 

Il est très remarquable que cet homme ne parle pas de cannabis, mais d'armes à main (comme les revolvers). Les promoteurs de cette "forme innocente de plaisirs récréatif", ont finalement gagné leur plaidoyer, et d'après mon opinion personnelle, ceci est "un mauvais signal pour les jeunes". 

 

(Photo Drummond: http://www.iop.kcl.ac.uk/staff/profile/default.aspx?go=11813)