M. Papandréou: pour la décriminalisation de l'usage des drogues

 

 

Texte ©Meve&Jos2003

 

"En tant que ministre des affaires européennes, je peux officiellement vous dire que mon gouvernement et moi-même croyons qu'il faut ouvrir de manière beaucoup plus large en Europe le débat sur le problème des drogues et, dès lors, oeuvrer à créer une politique européenne plus cohérente et plus humaine, avec de meilleurs résultats à la clé. (...)

 

La criminalisation des usagers a échoué. Elle a créé des problèmes considérables dans nos sociétés et, en premier lieu, au niveau politique: elle a généré un milieu criminel engrangeant de vastes sommes d'argent qui minent nos institutions démocratiques, que ce soit les forces de police, les juges ou les hommes politiques eux-mêmes. Les problèmes sociaux naissent lorsqu'on transforme en criminels des usagers de drogues, en les forçant à devenir l'armée involontaire du milieu mafieux, à commercialiser et parfois à trafiquer des drogues dans un monde illégal."

 

Source: http://www.radicalparty.org/antiprohibition/alone_no_f.htm

 

 

Assouplir la politique anti-drogue au niveau européen?

 

A Athènes, dans le cadre de la présidence des affaires européennes menée par M. Georges Papandréou, les ministères des Affaires étrangères, de la Santé et de la Protection sociale, de la Justice et de l'Ordre public grecs, en coopération avec la Commission européenne et l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT/EMCDDA) organisaient en mars 2003 une conférence importante sur les drogues. Celle-ci avait pour thème: "Vers une politique efficace des drogues: évaluation rationnelle, pratiques de terrain et choix politiques. Dépasser les obstacles pour la mise en place de politiques et de stratégies rationnelles de lutte contre les drogues."

 

Par l'intermédiaire de cette conférence, la présidence grecque entendait créer l'opportunité pour les chercheurs, les acteurs de terrain, les décideurs politiques, les élus et les représentants de la société civile de se rencontrer, d'échanger leurs expériences et de proposer des approches en faveur d'une politique plus efficace de l'Union européenne en matière de drogues. Les trois thèmes principaux de la conférence étaient les suivants: (1) réduction de la demande: de la prévention à la réhabilitation; (2) drogues et système judiciaire; (3) drogues, crime organisé et répression.

 

Les présentations et les interventions portaient sur des questions concrètes liées à l'efficacité des politiques actuelles de lutte contre la drogue, leurs limites et les possibilités de développer de nouvelles formes d'action.

 

Le but de la conférence était entre autres de contribuer à la mise en oeuvre du plan d'action anti-drogue de l'UE (2000-2004). En fait, les propos échangés correspondait à l'appréciation de ce plan à mi-parcours. Sur base de cette évaluation, les participants pouvaient déjà formuler de nouvelles orientations pour le plan d'action communautaire suivant, qui devait débuter à la fin de l'année 2004.

 

Ils devaient également faire des propositions pour l'adoption d'une position commune de l'UE, à la quarante sixième session de la Commission des stupéfiants des Nations-Unies. Celle-ci s'est tenue à Vienne en avril 2003.

 

Malheureusement, il a résulté de cette Commission 2003 la conservation d'une politique de répression apparemment immuable. Evidemment, les Etats-Unis ont prêché vigoureusement en faveur de ce maintien, pour ne pas dire qu'ils l'ont imposé. Vous pourrez retrouver plus de détails à ce sujet, dans l'article La "guerre mondiale" contre la drogue s'enlise.

 

Programme du Congrès (pdf - commence à page 7 - en anglais): http://www.eu2003.gr/fr/articles/2003/1/29/1737/