Le
Gremi, une union en construction
Texte ©Meve2004
Le Gremi de comerciants de productes per al cultiu de cannabis est une corporation regroupant de
quinze à vingt growshops catalans. Des structures
similaires existent en Andalousie, à Madrid et dans le Pays basque. Chacune
travaille pour sa région, même si des rencontres ont lieu entre ces différentes
associations. Leurs objectifs sont
multiples, mais elles visent avant tout à la reconnaissance et à la protection
des growshops en tant que représentants d'un secteur
économique actif, méritant le même traitement que les autres activités
commerciales du pays. Dans cette optique, les corporations appellent les
commerçants à réunir leurs intérêts et leurs efforts.
Le document de présentation du Gremi catalan
signale: "Malheureusement les voix opposées à la normalisation du cannabis
se basent plus sur des aspects moraux ou des intérêts économiques et politiques
que sur des critères de santé et de liberté."
Si les
membres de cette corporation se soucient de l'aspect légal du cannabis et de sa
gestion politique, leur action se concentre au niveau de la reconnaissance
commerciale.
Ils sont
également réunis par une charte garantissant leur respect d'un code
déontologique et leur engagement à adopter une attitude professionnelle.
La
corporation catalane a vu le jour en 2002, sous le statut d'une association à
but non lucratif. Elle fonctionne grâce aux cotisations des membres qui
financent à la fois les activités et ses frais de secrétariat.
Elle offre
déjà à ses membres les outils et appuis suivants: l'assistance juridique
assurée par l'avocat de l'association, la facilitation des contacts avec des
avocats spécialisés pour des cas particuliers, une liste d'adresses d'autres
acteurs du monde cannabique, la convocation et l'organisation des réunions
périodiques ainsi que des assemblées.
La
corporation travaille aussi à mettre en place d'autres services, comme la
maintenance et l'actualisation d'un site Internet (toujours en élaboration), la
mise à disposition d'une information juridico-commerciale concernant les
produits disponibles sur le marché, la rédaction finale du code déontologique
que chaque growshop devra respecter pour être admis
dans la corporation, la création d'un logo indiquant l'appartenance au Gremi à apposer
sur les établissements, la constitution d'une plate-forme de réponse rapide
contre les informations mensongères ou les déclarations non fondées qui
désinforment l'opinion publique, etc. Une autre part importante des démarches à
venir concerne l'établissement de contacts permanents avec les autorités
publiques et politiques en vue d'un échange d'opinions et de propositions,
voire de leur adresser protestations et revendications. Heureusement, le
gouvernement catalan se montre ouvert à la discussion.
Le travail
du Gremi
est relativement lent, car les magasins ont leurs activités commerciales à
mener tandis que les relations aux autorités ne se développent que
progressivement. Les membres de cette association doivent bien sûr consacrer de
l'énergie à ce projet, mais elle n'est pas perdue: le regroupement des growshops donne déjà du poids à la nouvelle réalité
socio-économique qu'ils représentent. Les pouvoirs publics catalans ne les
ignorent plus… Ainsi, la corporation a déjà été invitée par le ministère de la
Santé à participer à un colloque de quatre jours sur la réduction des risques,
comprenant des informations juridiques, médicales, sociales et commerciales
destinées à la population catalane.
Ce même
ministère a également fait appel au Gremi au sujet du cannabis thérapeutique. Les growshops ne peuvent le distribuer mais ils sont sollicités
pour donner des conseils aux patients désireux de cultiver leur herbe.
En bref, le Gremi a adopté
une attitude et un projet constructifs qui pourraient (devraient) faire des
émules, en France comme en Belgique.