Cachez cette feuille que je ne saurais voir
Texte et photo ©Meve2003
Rien n'est jamais simple en matière de cannabis.
En Grèce, où le chef d'état, M. Papandréou, est pourtant favorable au chanvre
global, les lois de prohibition sont appliquées à la lettre. Au point que des
marchandises réalisées en chanvre industriel tout à fait admises dans les
autres pays de l'UE y sont interdites.
En décembre 2000, la Grèce était priée
d'abolir les restrictions aux importations d'un certain nombre de produits
revêtus d'un logo représentant une feuille de cannabis ou contenant du chanvre,
légalement fabriqués et/ou vendus dans d'autres états membres. Il s'agissait
principalement de vêtements, de chaussures, d'articles de papeterie et de
cosmétiques. Cette demande officielle avait pris la forme d'un avis motivé
envoyé par la Commission Européenne. Celle-ci considérait en effet que la Grèce
avait violé les dispositions du traité de la Communauté Européenne, relatives à
la libre circulation des marchandises (article 28).
Le problème vient
en partie de ce qu'en grec le mot 'cannabis' couvre à la fois la substance
illicite et la plante 'chanvre' dont l'utilisation est tout à fait légale. En
conséquence, une loi nationale interdisant la promotion de substances illicites
est appliquée à une série d'autres produits. Les autorités grecques ont
expliqué qu'elles ne les confisquaient que si les logos ou les méthodes de
commercialisation utilisées visaient clairement, selon elles, à promouvoir
l'usage de la marijuana.
Cependant, la
confusion demeure parce que, malgré les demandes de la Commission, les
autorités grecques n'ont pas précisé ce qu'elles considéraient exactement comme
étant de la publicité et, selon les plaintes émises par les commerçants, elles
continuent à confisquer une série de marchandises qui ne portent ni
inscriptions ni symboles pouvant être interprétés comme une promotion du
cannabis. Si la loi grecque interdisant la promotion de substances illicites ne
lui pose aucun problème, la Commission estime néanmoins que la manière dont
cette loi est appliquée constitue une infraction aux règles européennes. (Source:
http://europa.eu.int/comm/internal_market/
en/smn/smn24/s24mn12.htm)
Il semble
qu'actuellement la question n'est toujours pas réglée. Les quelques magasins
qui commercialisaient ces produits ont pratiquement tous disparus, après avoir
subi des saisies et des fermetures.
Les conditions
seraient probablement plus propices maintenant, mais les exemples précédents ne
doivent pas encourager les candidats. Gageons que des jours meilleurs ne
tarderont pas à venir!